Non, l'Etat ne vous a pas abandonnés (FSLR)
Affiche de propagande de la Fédération Sociale Laïque Républicaine réalisée pour LA LIBRAIRIE DU CENTRE-VILLE.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
Nous veillons sur l'avenir de vos enfants (FSLR)
Affiche de propagande de la Fédération Sociale Laïque Républicaine réalisée pour LA LIBRAIRIE DU CENTRE-VILLE.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
Nous veillons sur votre avenir (FSLR)
Affiche de propagande de la Fédération Sociale Laïque Républicaine réalisée pour LA LIBRAIRIE DU CENTRE-VILLE.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
La FSLR veille sur l'avenir de vos enfants
Affiche de propagande de la Fédération Sociale Laïque Républicaine réalisée pour LA LIBRAIRIE DU CENTRE-VILLE.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
La FSLR veille sur vous
Affiche de propagande de la Fédération Sociale Laïque Républicaine réalisée pour LA LIBRAIRIE DU CENTRE-VILLE.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
Non, l'Etat ne vous a pas abandonnés! (FSLR)
A la suite de la Grande
Crise, la décentralisation a été réduite à peau de chagrin. Les conseils
généraux et régionaux, les communautés de communes et d’agglomération, les pays
et divers syndicats à vocations multiples, tout ça a volé en éclats. Ces
différents organes, le plus souvent gérés par des élus incompétents et
corrompus, ont causé la ruine de l’État. Le recrutement abusif de
fonctionnaires territoriaux, les campagnes de communication disproportionnées,
l’entretien des palais où siégeaient les conseils et, bien sûr, la mauvaise
gestion des fonds publics ont fini par faire imploser le système. De plus, dans
l’imbroglio des compétences attribuées aux différentes collectivités
territoriales par l’État central, les administrés ne se retrouvaient plus et,
donc, se sont sentis abandonnés.
La Grande Crise a permis
d’en finir avec ce système archaïque qui, tant de fois, a prouvé son
inefficacité. Les programmes de l’école élémentaire d’où je suis issue y
consacrent des modules entiers. Les manuels scolaires regorgent d’exemples
croustillants d’aberrations administratives, de dysfonctionnement et de
malversations dont la décentralisation a été la cause. Entre les profs, c’est
même un sujet de moquerie, un leitmotiv. “On n’est plus au temps de la
décentralisation !” qu’ils disent tout le temps. Ça veut dire qu’il y a de
la corruption dans l’air, ou que les choses ne sont pas claires, ou qu’il y a
des privilèges. Ça veut dire tout un tas de trucs. Tous négatifs.
Avec un slogan choc
resté célèbre (“Non, l’État ne vous a pas abandonnés”), l’État central a donc
récupéré toutes ses billes. On appelle ça la Politique du doigt tendu, à
cause du symbole présent sur les affiches de propagande qui représente une main
fermée à l’index accusateur. Droit comme la justice, l’index nous vise, nous,
les gens, le peuple. Histoire de dire : on sait que vous êtes là. Mais
aussi, d’après Lucrèce : on vous a à l’œil.
Seules les mairies ont
survécu au pilonnage, avec les mêmes compétences qu’autrefois. Mais elles sont
surveillées de près. Pour le reste, on ne parle plus de décentralisation mais
de déconcentration. L’État reste maître du jeu et se fait représenter
sur les territoires. C’est ça, la Fédération Sociale Laïque Républicaine. Elle contient
tout l’État en tout petit et est présente jusque dans les moindres circonscriptions.
Ce système est
incomparablement moins coûteux que l’ancien mais finalement tout aussi
compliqué. En réalité, l’édification du nouveau système étatique déconcentré n’est
pas allée aussi loin que prévu. L’État s’est vite rendu compte de la complexité
de la tâche. Alors qu’il a été prévu au départ de tout englober dans la
Fédération, on a dû créer un second organe institutionnel plus ou moins
bâtard : le Réseau associatif. Certaines compétences du Réseau chevauchent
celles de la Fédé, ce qui permet aux deux organes de se renvoyer la balle et de
trimballer les administrés les plus retors jusqu’à épuisement. Mais surtout,
tout ce beau monde n’étant pas élu, on reproche à la Fédération de vivre dans
une bulle, loin de tout et peu préoccupée du sort des gens.
Alors une vaste campagne
publicitaire a été organisée. On y voit des clones de Monsieur Fagnaux en train
de serrer des mains, tout sourire, recevant les gens dans leurs bureaux ou
allant les visiter sur le terrain, chez eux, à leur boulot, sur les lieux de
formation, dans les écoles, etc. Ils semblent s’intéresser à nos vies, prennent
en compte nos petits tracas, nous invitent à participer aux débats publics, à
nous engager. Tout ça se passe dans une ambiance feutrée, couleur sépia, bon
enfant, musique d’ascenseur social, et le slogan s’affiche : “Chez nous,
la démocratie de proximité n’est pas une simple expression”.
Extrait de La Librairie du Centre-ville, éditions les Saturnales
Extrait de La Librairie du Centre-ville, éditions les Saturnales
Non, l'état ne nous a pas abandonnés!
Affiche de propagande de la Fédération Sociale Laïque Républicaine réalisée pour LA LIBRAIRIE DU CENTRE-VILLE.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
La Librairie du Centre-ville: l'univers d'une oeuvre, composition paratextuelle.
Une Baleine dans la tête \\ Chapitre 4
Steph est réveillée par la basse de Renaud. Rien de mieux
pour la mettre d’une humeur de chien.
— Chiant ! dit-elle en repoussant brutalement les
draps avec ses longues jambes.
C’est toujours la même rengaine, toujours la même
rengaine.
— Chiant ! dit-elle en enfilant son jean.
C’est comme s’il ne connaissait qu’un seul morceau et
qu’il le rejouait encore et encore.
— Chiant ! dit-elle en dévalant les escaliers.
Les murs vibrent, les carreaux se froissent, la maison va
s’écrouler et la falaise avec.
— T’es chiant ! dit-elle en entrant dans le salon où
Renaud est installé, à sa place habituelle. Bordel, le matin, comme ça, c’est
minant.
Il s’en fout. Qu’elle cause, cette conne, puisqu’elle
cause toujours. Il continue à jouer. Mais, comme elle se bouge pas, il lâche
quand même dans un effort surhumain :
— Je t’avais dit que j’avais des lignes à voir pour le
concert…
Elle fait une grimace qui ne veut pas dire grand-chose
puis elle sort.
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